consigne: le narrateur du Temps retrouvé croise une femme qu'il a aimée dans sa jeunesse et pour laquelle il conserve une vive affection. Il percoit, sous ses traits vieillissants, les traces de sa beauté d'autrefois. En vous inspirant de l'extrait proposé (Marcel Proust), vous imaginerez la description qu'il pourrait en faire.
Alors que je discutais politique près du buffet en vieille compagnie qu'étais le duc, je pus apercevoir tel un éclair foudroyant mon coeur et mes yeux la première femme pour laquelle j'eus de l'affection. Alors qu'elle disparaissais dans le flot de la foule jacassante, un second éclair vint frapper mon esprit cette fois. Il m'emporta dans une rivière de souvenirs jusqu'à amarrer sur la berge de notre tumultueuse relation sentimentale. Il me vint tout d'abord notre première rencontre, elle était assise sur un banc, penchée sur son ouvrage, un châle frangé sur ses épaules car il y avait de l'humidité, des rubans bleus sur son chapeau de paille, bleus car c'était la couleur de ses yeux. Un bleu azur comme on ne voit qu'en Grêce dans l'eau de la Caldera. Sa chevelure rousse reflètait les rayons du soleil dessinant sur ses longues boucles des filaments d'or... Alors que la rêverie m'emportait, je fût sortis de mon songe par le personnage principal qu'il contenait. Un verre de vin dans chaque mains, le sourire aussi incertain que les fleurs en hiver elle me saluait. Une fois réveillé, je pris le verre de vin qu'elle me tendait et la salua à mon tour tout en ne pouvant m'empêcher de la dévisager. Elle avait toujours ses rubans bleus mais sur sa robe blanche cette fois, un simple foulard avait remplacéson châle. Elle avait conservé cette posture que je chérissaistant tant, cette cambrure et cette manière de lever le menton à la façon des bourgeoises. Elle bombait le torse comme pour me montrer qu'il lui restait encore ses atouts malgrè l'âge. Je ne pus mempêcher de remarquer qu'elle n'avait plus cette peau lisse sur laquelle je faisais glisser mes doigts tel le vent caressant d'une légère brise les feuilles du printemps. Le vent, ce doit être un vent violent qui s'abbatit sur son visage pour qu'il soit devenu si ridé, frippé... Croulant. Tant de beauté avait-il put y avoir sur ce visage mais suite à cette fatale tempête qu'est l'âge il semblait subsister, parmis les décombres, son sourire, superbe chef-d'oeuvre. Tel la Vénus de Milo elle avait certes beaucoup perdu avec le temps mais elle conservait un charme inébranlable dû, pour elle, à son sourire. Ce soir, elle avait attaché ses cheveux sont la rousseur presque inexistante désormais laissait place à la blancheur pâle de la mort, les rayons ensoleillés reflètant la genèse de sa vie étaient bien loin désormais, inaccessible jeunesse qui s'enfuit avec le temps. Alors que je contemplais ses yeux ensevelis sous ses paupières tombantes et que je constatais que le bleu Caldera avait fais place à un bleu ciel nuageux, je compris que la prochaine fleure que je lui offrirais serait probablement une chrysanthème même si j'aimerais lui offrir, malgrè les ravages de la vieillesse, encore et encore les plus belles roses rouges de Paris.
pix: relax pr le bac XD